
Noir-feu
- Sexe : Masculin
- Peuple : Peuple Mort-Vivant
- Victoires : 6
Divagations intemporelles
Les Vents. Ils me portent, sages ou indisciplinés, loin, toujours plus loin. Un irrésistible appel, et c'est la liberté, l'ivresse, folie tourbillonnante au coeur des Zéphyrs Ardents. Ô feux de la terre, de votre souffle je fais ma danse, auréolé de laves étincelantes, sur fond de sombres roches, mille perles jaillissent, iridescents témoins de ma valse d'ichor, mais déjà, d'Ombre redevient ma robe, me fondant dans les cieux étoilés, je ne suis plus.
Quel temps? Serait-ce des jours? Des mois? Des années? Des siècles, même? Qu'importe, la meule tourne, roue de vie, jusqu'à la tangence, broyeur insensé, par suite. Mon esprit vagabonde, il prend le point de vue d'un papillon, vit et meurt en quelques instants, puis choisit celui de l'étoile, qu'importe, alors?
Quelques Vies, rencontrées, scintillent dans les rêves, les souvenirs. Innombrables, quand le temps n'a plus de sens. Etranges pensées, sans but, sans futur, sans passé. Décalage, lent et immuable, les trames se font plus présentes, se dévoilant timidement, peu à peu strient toute perception d'un faisceau de possibles, enchevêtrement gordien que nul glaive ne peut trancher. Choisir une Voie, une seule, dont en définitive, on ne voit rien.
Un pas, un autre, les conséquences roulent à l'infini, échappant dès lors à toute tentative de contrôle. Esquiver, parer, feinter, je passe, mes univers se frôlent, tremblent, mais déjà le couperet revient, vicieusement. Un pas de côté, le vide. Hasard, intuition, prescience. La lame frôle le cimier de jais, avide, pressée d'en finir, rétablissement, elle revient, encore. Le Temps. Paradoxe. Il n'a aucune importance. Parade, choc sourd, hurlement de rage, embrasement, le silence. Et pourtant.