Forum - [Rhumdhil] Premier Jour
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Baramir d'Eckmöl | 24/06/10 10:48
HRP : J'espère que vous me pardonnerez, cela fait longtemps que je n'avais plus écris pour Daifen. Si vous avez des remarque n'hésitez pas, je ne demande qu'à m'améliorer.
Cela faisait déjà plusieurs lunes que nous avions pris la mer en direction d'un nouveau continent qui devait nous apportez une fois de plus gloire et richesse. Malheureusement, à vouloir jouer les passager clandestins mes hommes et moi-même nous débarquâmes dans la cale d'un navire pirate. Une fois le qui proquo passé et le « passage sur la planche » évité nous fîmes connaissance avec les membres d'équipage. C'était une bande de pirate tout ce qu'il y avait de plus ordinaire, braillards, puant, et assoiffé de sang autant que de rhum. La seule différence notable avec d'autres troupes de pillards des mers était le Capitaine. Ou plutôt la Capitaine ; car oui c'était une femme qui commandait à cette bande de soiffards débrayés. Nous parlâmes beaucoup ensemble mais elle ne me dit pas comment elle arriva à ce poste. J'appréciais sa compagnie, comme j'apprécie généralement la compagnie des jolies dames. Une robe ne lui aurait sans pas fait plus joli corps que son pantalon de cuir lui arrivant à mi mollets, son chemisier jaunie par le soleil et l'air iodé de la pleine mer et son tricorne informe. Quoi qu'il en soit il fut décidé que ma troupe débarquerais avec eux et tacherait de les « canalyser » afin qu'ils puissent s'en mettre plein les poches sans trop d'effort... et c'était valable pour nous aussi. Non pas que les caisses de Cité Théocrate d'Eckmöl eussent besoin d'être remplie mais ajouter au beurre l'argent du beurre tout en me réservant les fesses de la crémière me semblait être un bon plan.
Au bout de la cinquième lune en mer la vigie nous annonça une terre en vue. Nous nous précipitâmes tous au bastingage afin de la contempler. D'après les informations que l'on m'avait communiquées il s'agissait d'une île qui tirait sa richesse du rhum qu'elle obtenait grâce aux champs sans fin de canne à sucre qui s'étendaient sur toute l'île. Et nos amis pirates aiment le rhum, tout le monde le sait. Le but de la mission est simple : on s'embarre d'une rhumerie, des champs qui vont avec et c'a mission est simple : on s'embarre d'une rhumerie, des champs qui vont avec et c'est nous qui touchons l'argent de la vente. Bon il faut éviter de tuer les habitants parce que c'est pas mes gars et moi qui allons nous farcir le jardinage.
Nous débarquâmes donc dans une petite crique qui nous permettrait de mettre notre navire à l'abri. Un sentier remontait de la plage vers la plaine. Quelques mouettes volaient dans le ciel en piaillant, pensant sans doute que nous allions leur donner quelque chose à se mettre dans le bec. A votre avis, de la mouette ou du pigeon, qui est le plus rapide ? Voilà un autre mystère qu'il faudra éclaircir lors des longues nuits d'hiver, assis au coin du feu et n'ayant vraiment rien d'autre à fiche. Bref, nous nous lançâmes donc à la conquête du premier village qui croiserait notre route, épées et haches au clair, braillant de drôles de chansons avec des sirènes, qui aurait tôt fait de faire s'évanouir la jeune donzelle sortie de son couvent pour aller cueillir des fleures.
Le sentier continuait quelques mètres dans la plaine avant de disparaitre dans un champ de canne à sucre. Et à vue de nez si on voulait contourner le champ on en avait pour la nuit. L'idée d'un village à piller, de jeunes demoiselles à ... enfin vous avez compris et l'appât du rhum donnant du beaume au coeur de nos joyeux pirates ceux-ci décidèrent de s'élancer à travers champ.
Au bout de plusieurs heures de marches sous le soleil il fût conclu que nous nous fûmes égarés.
« Et ben, c'est pas glorieux. Pour mon premier jour dans la piraterie je me retrouve paumé dans un champ. Pff... et en plus il fait chaud ! Au moins dans des belles maisons en pierres il fait bon toute l'année.
-Yup ! Tu verras demain sera un jour meilleure pour nous.
REMUEZ-VOUS TAS DE LIMACES DE MER ! PRÉPAREZ DONC UN TRUC VUE QU'ON EST BIEN PARTIE POUR PASSEZ LA NUIT ICI ! »
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Baramir d'Eckmöl, Mister Daifen 2008.
Archiviste occasionnel de la Skippypédia
Celimbrimbor | 24/06/10 11:16
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Noir-feu | 24/06/10 21:43
Pépé Narvalho | 25/06/10 00:43
Oui, c'est un bon départ, mais... il faut continuer maintenant. 
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Pépé Narvalho, Bouleute du Firmir et adorateur de Tosrm
Baramir d'Eckmöl | 25/06/10 09:31
Merci pour vos encouragements. La suite est déjà en route.
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Baramir d'Eckmöl, Mister Daifen 2008.
Archiviste occasionnel de la Skippypédia
Baramir d'Eckmöl | 27/06/10 18:25
HRP : Avec toutes mes excuses si cela ne répond pas à vos attentes. J'ai taché de faire du mieux que je le pouvais. Baramir avait besoin de cela. La suite sera plus riche en action
La lune était déjà haute dans le ciel lorsque les derniers cris et les derniers rires s'estompèrent. Un rapide campement avait été installé au milieu du champ. Ce n'était guère plus qu'un amas de toiles tendues pour ressembler vaguement à des tentes. Un feu avait été allumé afin que notre Maître Coq puisse préparer un repas rapide afin d'alléger l'humeur maussade qui était tombé sur le groupe depuis qu'il s'était égaré. Quelques bouteilles de rhum, les dernières, avaient été ouvertes pour l'occasion et les effets de l'alcool eurent tôt fait de se faire ressentir. Demain serait sans doute un jour meilleur. Du moins il fallait l'espérer.
Dans la moiteur de la nuit il m'était difficile de trouver le sommeil. Contrairement à la majorité,... à la totalité des hommes du campement devrais-je dire, je n'avais pas consommé d'alcool. Tout le monde avait une technique pour sombrer dans le sommeil et il fallait croire que celle des pirates étaient de s'enivrer jusqu'à tomber endormi à la même place ou ils se trouvaient éveillé la seconde précédente. Alors que j'étais allongé, contemplant les étoiles un bruissement me fit me redresser. Une silhouette s'éloignait du campement. Saisissant ma hache je m'élançais à sa poursuite. Il ne me fallut pas longtemps avant de rattraper le fuyard qui ne semblait pas particulièrement pressé de nous faussé compagnie.
« Je ne suis pas seul à ne pas trouver le sommeil on dirait ?
-Baramir... ».
Je n'obtiens qu'un soupir comme réponse. Puis la Capitaine me fit face. Un léger sourire sur son visage. A la lumière de la lune elle semblait encore plus belle. Des reflets se dessinaient dans ses cheveux ondulés qui n'étaient plus caché par son horrible chapeau.
« Soucieuse ?
-Je ne sais. J'étais seulement partie prendre un peu d'air. Il fait tellement chaud.
-Ce n'est pas la chaleur qui vous prive de sommeil, je me trompe ? Alléger votre esprit en partageant avec moi les drôles d'idées qui y trottent.
-Et vous alors ? Qu'est-ce qui vous tient loin du lit ?
-Une étrange sensation. Une sensation que je n'avais pas ressentit depuis des années. Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas une mauvaise chose. »
Un silence paisible s'installa alors que nous nous asseyions. Je n'arriverais sans doute rien à apprendre de plus sur notre Capitaine ce soir. Nos conversations finissaient toujours ainsi... Fouillant dans une poche de ma chemise j'en sorti une petite blague à tabac ainsi qu'une pipe gravée de runes et bientôt de petites volutes de fumée s'élevèrent avant de se figer autour de nous, n'ayant aucun cavalier pour les faire danser dans cette nuit sans vent. Je sentis ma pipe me glisser des mains alors qu'une bouteille de rhum y prenait place. Après un regard vers Elsendia je compris qu'il valait mieux que je me taise. Je bus une gorgée, puis une seconde avant de contempler la femme qui se tenait à mes côtés. Un sourire se dessina sur les lèvres d'un vieux nain avant qu'un baiser n'y fusse déposé. J'ouvris la bouche pour prendre la parole mais les mots moururent sur mes lèvres alors que je sentais Elsendia se rapprocher, coller son corps contre le mien. Je m'abandonnais à ses soins.
Blottit l'un contre l'autre, allongé à même le sol dans le silence paisible de cette nuit d'été, nous ne disions mots. Ce qui venait de se passer avait été assez inattendu, pour moi tout du moins. J'avais tant sacrifié afin de pouvoir revivre de tels moments. J'avais parcouru de nombreuses contrées à Sa recherche. J'avais visité des mondes oubliés ou encore inconnu avant de finalement trouvé celui dans lequel Elle s'était réfugiée. Les Ombres qu'Elle chérissait tant étaient devenues son monde, son refuge et sa tombe. Il avait fallut que j'y aille pour le comprendre. Il avait fallut que je le voie pour faire le deuil et à présent j'étais dans les bras d'une autre. La page fut enfin tournée.
La lune qui nous avait veillé toute la nuit commençait à s'éclipser. Les étoiles perdaient peu à peu de leur éclat alors que le ciel commençait à s'éclairer sous les rayons du soleil naissant. Bientôt il allait falloir que l'on rentre au campement. Elsendia déposa un dernier baiser sur ma joue avant de se lever pour enfiler les vêtements qu'elle avait quitté. Je laissais mon regard se promener sur son corps, détaillant ses courbes et les inscrivant dans ma mémoire. Une nuit comme celle-ci n'arrivait pas souvent.
"A bientôt, Baramir".
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Baramir d'Eckmöl, Mister Daifen 2008.
Archiviste occasionnel de la Skippypédia
Celimbrimbor | 27/06/10 18:33
Sanaga | 27/06/10 21:58
"Quand court le renard, le poulet a des ailes."
Assis sur sa vieille chaise de paille sous le zénith, il patientait devant sa marmite en soufflant quelques notes mélancoliques. [Lien HTTP] Au fond de la casserole, la bouillie d'avoine bouillait et tressautait, éclatante de bulles sur sa surface, comme un gros animal boursouflé et ronronnant. Devant une becquetance si affligeante, Arthur redoubla de souffle. Il aurait bien préparé du porridge au lard, ou de la tourte au poulet. Mais les elfes n'en mangeaient pas, et l'intégralité de sa volaille avait fichu le camp ces derniers jours. Quel gâchis pour son talent, réduit à ne faire plus que de la salade. Alors, Arthur tentait de varier les plaisirs. Salade de sauge, salade au cerfeuil, salade parsemé de serpolet, et même, la Salade du Centaure, mélange de feuilles de chêne et de chapelures de glands.
Mais les elfes n'étaient jamais vraiment satisfaits. L'air irrespirable de Rhumdhil asséchait leur humeur. Oh, ça, il avait bien tenté de leur faire goûter la spécialité locale. Mais niveau boisson, ça pinaillait aussi. Nourrissez ces elfes de boudins de tore, et paf, c'était à coup à les voir trépasser de douleurs intestines sur place. Pires que des nourrissons, songeait-il souvent. Dans ces moments, Arthur se satisfaisait de sa condition d'humain, songeant que, en terres désolées, son peuple d'humains s'adapterait, pour sa survie.
Arthur termina sur une lente note, aiguë, vibrante et affligée de mélancolie. « Oh. Yeah. » L'oeil cerné, mortifié, vautré sur sa chaise de paille au milieu du champs de cannes, le cuistot considérait son bouillon. Puis, peu à peu, il se prit à somnoler, à l'ombre du auvent.
Plut à sa profession, Arthur était un bonhomme dodu. Un vrai champion de la casserole. Outre la cuisine, c'est qu'il aurait bien aimé être barde, Arthur, comme les elfes. Mais il n'avait rien d'un elfe, et ses oreilles étaient aussi rondes que sa fière bidoche. Et à son grand dam, il ne parvenait jamais qu'à faire rimer aventure avec confiture, bataille avec volaille et odyssée avec pâté. Bah, dans sa jeunesse, il avait bien rêvé d'aventures, mais ses talents innés pour la gastronomie l'avaient rattrapé, le couronnant à sa fleur de l'âge de trois étoiles, pour l'auberge incomparable qu'il tenait en ces temps prospères.
Courant après de vieilles chimères aventureuses, Arthur avait quitté sa position de cuisinier, à la recherche de nouvelles saveurs. Ainsi était-il arrivé sur Rhumdhil. Sitôt installé, il s'était pris d'une farouche passion pour la boisson locale, et avait fini, malgré les remontrances de sa femme, par perdre son de prestige.
Puis était arrivée cette petite coalition de cinq elfes, en voyage dans la région à la recherche de nouvelles expériences botaniques. Arthur se trouvait à ce moment dans une impasse. À court d'argent pour régler leur loyer, lui et sa bonne épousée se trouvaient menacés d'être mis dehors. C'est alors que les cinq énergumènes lui firent une providentielle proposition. En échange de ses talents culinaires, les chercheurs lui proposaient de lui couvrir le gîte. Une aubaine qu'Arthur ne laissa pas passer. Ce que pouvaient bien fabriquer les étranges individus dans le patelin, le cuistot n'en savait bigre rien, mais leur présence fit remonter quelque peu les affaires dans le hameau.
Somnolant à demi sur sa chaise précaire, Arthur gardait un oeil ouvert sur sa marmite, que menaçait de dévorer à tout instant le tourbillon incessant de quelques mouettes. Le maître cuistot vivait au beau milieu de champs de cannes à sucre, dans une vielle et typique barraque en bois. C'est à quelques toises de là qu'il avait installé, sous un frais auvent, sa cuisine aérée. La faute à sa mie, qui ne supportait plus les relents de sa cuisine. Il allait se demander s'il était bien une chose qu'elle supportait, quand une voix de crécelle, stridente, s'éleva de la baraque. ' Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!! ' L'homme s'anima en sursaut, jetant des regards affolés de droite et de gauche, de haut et de bas. C'était la voix de sa femme, qui criait à perdre haleine:
-AU VOLEUR! ARTHUUUUUUUUUUUUURRR!
Traversant à qui mieux mieux l'espace bouché de cannes à sucre qui le séparait de sa bâtisse, Arthur arrivait en vue du seuil quand fila, sous son nez, une silhouette tenant sous son bras un poulet caquetant. Il heurta sa femme qui sortait sur les talons du chapardeur. La face toute rubiconde, elle pointa un doigt vigoureux vers les champs:
-Arthur! Rattrape le! Mais enfin, rattrape-le Arthur!
Le voleur s'enfuyait avec son dernier poulet. Le seul qu'il avait réussi à sauver de la fugue générale.
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De Legier Vovlloir Longve Repentance.
[Lien HTTP] .
Celimbrimbor | 27/06/10 22:11
Baramir d'Eckmöl | 01/07/10 15:25
"Non ! Non ! Non et Non ! Non de Non et re Non derrière ! Là ! C'est assez clair ?
-Oui mais Chef...
-Nan mais ça commence à bien faire ! J'ai dis non. Débrouillez-vous autrement.
-Allez Chef, soyez chic ! C'est pour nous sortir d'un champ de canne à sucre. On ne va pas rester coincé ici quand même ?
- ...
-Vous boudez ?
- ...
-C'est malin ça tient. C'est très mature.
- ...
-Hey mais revenez quoi ?!"
La matinée n'avait pas été très productive. Les pirates et les nains n'avaient pas bougés d'un pouce. Ils préféraient attendre d'avoir un plan plutôt de couper à travers champ sans savoir ou ils allaient. La matinée fut donc consacré à un remue-méninges, ce qui au lendemain d'une soirée arrosée au rhum était assez difficile et donna donc lieu à un concours d'idées les plus stupides pour trouver la sortie du champ. Certains proposèrent de retourner au navire et d'accoster ailleurs sur le continent. D'autre voulait continuer de marché, en suivant le soleil parce qu'il fallait bien suivre une direction. Les plus cultivés des pirates proposèrent d'aller chercher/piller/voler une carte du continent ainsi qu'une famille de Gnomes à Positionnement Systématique dans le premier magasin qui se présenteraient, oubliant sans doute que les échoppes proposant de tels services ne se trouvaient pas aux milieux de champs de canne à sucre. Certains proposèrent de faire un grand feu pour signaler leur présence, en espérant que quelqu'un vienne les chercher. Et pour attirer encore plus l'attention ils voulaient que je sacrifie mon beau tabac qui fait de la jolie fumée bleue ! Pff... On ne touche pas à mon tabac. Là, du coup je boude ! Ils ont qu'à tout faire cramer si ça les amuse mais ça sera sans moi.
(...)
Ailleurs, dans un petit hameau de Rhumdhil, un vieil homme à la peau tannée par les années passées au soleil se balançait dans un rocking chair. Seul le grincement de sa chaise sur le vieux plancher de son perron rompait le silence. Il semblait paisiblement endormi, une bouteille à moitié vide dans la main droite, qui menaçait de se renverser à chaque mouvement. Il fut arraché à sa sieste par un jeune garçon, qui ne devait pas avoir plus d'une dizaine d'années.
« M'sieur ? Y'a l'feu au champ on dirait.
-Zzz...
-Et si feu au champ ya, ben pas de rhum yaura. Comprenez ?
-De quoi ? »
Il fixa son regard dans la direction que lui indiquait le jeune garçon. Une épaisse colonne de fumée s'élevait à quelque distance de là, dans son champ. Il se leva et son vieux dos craqua. Il se redressa, siffla son chien et se mit en route, suivit par une masse noire et poilue qui tirait la langue.
La suite bientôt
On dirait que j'ai pris une facheuse tendance à couper mes récits en plein milieux non ?
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Baramir d'Eckmöl, Mister Daifen 2008.
Archiviste occasionnel de la Skippypédia
Brox | 01/07/10 17:51
Baramir d'Eckmöl | 05/07/10 11:02
[Rhumdhil] Second Jour, encore
Les cannes à sucre lui bouchaient la vue et pourtant il marchait comme si de rien n'était. Il était trop habitué à parcourir ses champs pour s'y perdre. Il était aussi habitué à aller repêcher les naufragés qui s'échouaient sur la plage et qui finissaient logiquement dans son champ puisque ce dernier longeait la plage. Il n'avait avec lui qu'un semblant de machette, vieille lame rouillé pendant lamentablement à sa ceinture telle une vieille chaussette resté accrochée au dessus de la cheminée un soir de Noël. Il comptait aussi sur la présence de sa boule de poil pour dissuader les pauvres malheureux ayant fait naufrage de le détrousser.
« Alors ma fille, c'est quoi à ton avis ?
-waouf.
-De quoi ? J'ai pas entendu. Tu sais avec l'âge mes vieilles esgourdes ont tendance à se boucher.
-WAOUF
-Ha ? Des pirates ? Pff... »
Rhumdhil avait été découverte par quelques pirates voilà de très nombreuses lunes. Ils avaient trouvé ici le parfait endroit pour s'approvisionner en rhum sans trop de frais et avait donc tout naturellement fait de cette île l'un de leur repaire. Cependant, lorsque les ténèbres et la piraterie allait atteindre leur apogée et que Daifen s'apprêtait à vivre ses heures les plus sombres une lueur d'espoir naquit. Rien de plus qu'une luciole dans l'immensité de la nuit au départ, celle-ci grandit, acquérant force et conviction, apportant réconfort et espoir dans le coeur des hommes qui se mirent en marche derrière elle. Bientôt toute la population était prête à se débarrasser de la débauche et de la luxure apportées par nos joyeux loups de mer. Une nuit, sous la bienveillance de la Lune, Esmar et ses hommes s'attaquèrent aux pirates, brulèrent leur navires, tranchèrent leur gorge et jetèrent leur corps à la mer pour nourrir les poissons. Et c'est ainsi qu'Esmar devint le régent de l'île. Nul ne sait d'où est sorti ce prince elfe, ni même pourquoi il a voulu imposer ses trucs d'elfes, comme par exemple cultivé des champs, manger de la salade, et ne pas boire de rhum alors que c'est le produit régional de l'ile...
Barf, mais pourquoi je repense à mes leçons d'histoire moi ? C'est pas parce que ce type à une statue sur la place du village que c'était un bon gars. Y'a pas mal d'histoire à propos de ce loustic qui ne sont pas jolies-jolies. Mais après c'est peut-être juste des histoires que des ivrognes s'échangent au coin du feu, lors des longues soirées d'hiver dans la Taverne de la Bouteille à la Mer.
Arman fini par tomber sur l'origine de la fumée. Un grand cercle de canne avait été fauché, ou plutôt coupé tant bien que mal par une bande de pirate. Finalement Fifille avait raison. Ne doutez jamais de l'instinct d'un chien, c'est moi qui vous le dis. Ils avaient rassemblé toutes les tiges coupées au milieu du cercles et y avait mis le feu dans l'espoir d'alerter quelqu'un. Lorsqu'Arman et Fifille arrivèrent dans le « campement » ils découvrirent une bande d'hommes torses nus ou portant de vieux vêtements jaunis par le soleil et brunis par la crasse. Ils portaient tous au côté des sabres qui semblaient bien entretenu. Ils avaient installés de grandes tentes, ou du moins essayé, en tirant des voilages afin de se protéger du soleil. Il n'eut pas plus de temps pour détailler le campement car la vigie donna l'alerte. Il était monté sur un empilement de caisse vide. Lui-même se demandait comment il faisait pour ne pas redescendre tant l'équilibre était précaire. Mais que voulez-vous, il passait sa vie en hauteur et ne supportait plus d'être à la même hauteur que les autres. De plus le balancement de sa « tour » d'observation lui rappelait avec nostalgie le remoud de la mer qu'il aimait tant et qu'il avait du quitter voilà à peine deux jours.
« Homme en vue ! Chien en vue ! A bâbord ! »
Elsendia se dirigea alors de sa démarche chaloupée vers l'homme. Fifille aboya, plus pour la forme. Elle en avait croqué des mollets. Ça allait du voleur de poulet au fils de la voisine en passant par le père de ce dernier, à savoir le facteur. Mais là, on l'avait dérangé pendant sa sieste pour partir en balade. Alors elle avait fait la gentille et avait suivit, remuant la queue et attendant son sucre au rhum. D'ailleurs, quand est-ce qu'il arriverait son su-sucre ?
« Tient donc ! Un paysan !
-Jsuis un honnête cultivateur et...
-Aucune différence. Bon tu nous sors de ce champ ou on continu à le cramer ?
-Ben c'est mon champ alors j'aimerais autant le garder. Parce que vous voyez, sans canne à sucre pas de rhum. Et comme je le disais à Fifille, si ya pu de rhum, ya pu d'argent et si ya pu d'argent, jpeux pu acheter de rhum. Comprenez ? »
Elsendia se passa une main sur le visage en tachant de se calmer. Ses nerfs avaient été mis à rude épreuve. Entre son équipage désoeuvré et sobre qui s'ennuyait ferme et qui avait donc décidé de jouer à cata-pinte (ndlr : pour cela il faut bien sur une catapulte et une pinte, ce que ne possède ni les nains, ni les pirates, mais bon, on peut toujours bricoler un truc hein ?), un jeu que les nains leur avaient appris et son nain à elle qui était parti bouder elle commençait à en avoir sa claque des mecs. Elle s'agenouilla alors vers Fifille, lui gratta l'oreille et lui demanda de la conduire à sa maison. Fifille remua la queue, léchouilla le visage d'Elsendia et s'en alla à travers champ, suivit par Elsendia, ses pirates et les nains et enfin par son maitre qui n'en revenait pas de s'être fait snober par une Capitaine Pirate et trahir par sa Fifille. Comme quoi il n'y a pas de limite à la solidarité féminine.
HRP : La suite cet après midi, ou ce soir
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Baramir d'Eckmöl, Mister Daifen 2008.
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Baramir d'Eckmöl | 05/07/10 20:43
[Rhumdhil] Second jour, toujours, mais ailleurs cette fois-ci
Des feuilles de cannes à sucre dans le visage, encore et toujours des feuilles de canne à sucre. En plus ça colle à la barbe ces saloperies. Je crois bien que je préfère encore marché dans la forêt. Au moins les branches me passent au dessus de la tête ! Haha ! Bon d'accords, dès fois faut enjamber quelques obstacles ou courir dans les ronces, ou les orties. Ce n'est pas sympas ça les orties. Je ne sais pas quel est le sombre idiot qui décidé de faire des plantes vertes qui grattent. Il y avait déjà les insectes et les vieilles couvertures pour gratter. Ou alors les brosses, mais les brosses c'est pour le bain, et le bain c'est bien ! Ho pi ZUT ! J'aurais du resté avec eux et tout faire cramer. Au moins ça m'aurait détendu.
Cela faisait plusieurs heures que je marchais dans ce maudit champ sans avoir la moindre idée d'où je me rendais. Je laissais mes jambes me guider ou bon leur sembleraient. De toute façon comme j'étais perdu il fallait bien que je marche dans une direction. J'avais bien une boussole, mais comme je n'avais pas la carte du continent ça ne me servait pas à grand-chose. En plus le sens de l'orientation des nains ne fonctionne pas à la surface. Dans une montagne, une mine ou un grotte, alors là ouai ! Là je sais ou je vais, mais là...
J'aperçu une petite colline et le bruit des vagues, ainsi que le piaillement des mouettes m'indiquèrent que je m'étais dirigé vers le rivage. Le problème c'est que sur une île comme celle-ci, le rivage il est partout. Du coup je profiterais du bon air de la mer en étant perdu.
Alors que je me rapprochais de la colline je pu voir deux silhouettes. L'une semblait être celle d'une vieille femme, racornie et ridée alors que la seconde semblait être celle d'un bonhomme dodu. Je m'avançais aussi discrètement que possible pour voir ce qu'ils trafiquaient. Une « sorcière » et un dodu, ce n'était pas banal comme association. La vieille femme regardait tour à tour le rivage, en contre bas et une assiette. Une assiette ? C'est l'heure de manger ? En tout cas j'ai faim moi ! À cause de leur idée débile j'ai pu prendre mon petit déjeuner. C'est certes triviale comme pensée, mais on est toujours mieux l'estomac rempli que l'estomac vide n'est-ce pas ? En regardant en contrebas je vis sur quoi se portait l'attention de la vieille femme. Une troupe venait de débarquer. Des hommes en armures, charriant des caisses en se les passants de mains en mains. Ils semblaient particulièrement disciplinés. Sans doute était-ce un autre sieur qui voulait faire fortune avec la vente d'alcool. Tient d'ailleurs, c'est étrange de ne pas avoir vu flotter le pavillon des Marchands. Peut-être les rumeurs soufflant la fin de la Guilde sont-elles fondées ? Mais voilà que je m'égare encore. La Vieille avait fini sont « rituel » et le Dodu l'avait empoigné. Il semblait plutôt furieux. Sans doute que la potion que lui avait vendu la Vieille pour remédier à son impuissance afin de satisfaire sa Brune n'avait pas eu l'effet escompté ? Quoi qu'il en soit je n'allais pas rester tapi dans la canne à sucre comme une sourie qui se terre dans son trou. Je m'avançais donc, main posée sur le pommeau de ma hache à ma ceinture. Je savais me défendre et contre ces deux individus j'aurais sans doute tôt fait de les mettre hors d'état de me nuire. Mais le ventre vide très peu pour moi...
« Vous trouvez pas qu'il est un peu tôt pour la divination ? Vous ne voulez pas plutôt manger un morceau ? »
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Baramir d'Eckmöl, Mister Daifen 2008.
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